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Mardi 13 mai 2008
















Éditions
Robert Laffont, 2001, 204 pages.



Marc Schwerin est un jeune écrivain célèbre de 36 ans. Le succès foudroyant de ses premières années a drainé une série de lettres d’admirateurs épris qui souhaitent, demandent, exigent, intriguent.

Sa collection épistolaire s’enrichit chaque jour de nouveaux joyaux « Ces lettres constituent un échantillon de jeune sève charmant, touchant, drôle parfois. Si je n’étais pas esthète, peut-être pourrais-je résister à la tentation d’étudier ces épîtres féminines. »

Il prend un malin plaisir à répondre à tous ces courriers « charmants de superficialités » en se gargarisant des compliments comme des jalousies qu’il partage et commente avec son ami et complice Mustapha. Mais cette relation qu’il établit avec ses lectrices va vite prendre des proportions inattendues qu’il l’obligera à trouver une échappatoire pour parer à la fébrilité hystérique de deux d’entre elles.

« Moutarde douce », qui m’a été offert lors d’un
swap et je remercie encore une fois beaucoup Caroline pour m’avoir permis de découvrir cet auteur, est le premier roman de Stéphanie Hochet que je trouve personnellement très réussi. Tout en se mettant dans la peau d’un homme, elle arrive avec beaucoup de maturité à imaginer la correspondance qu’un écrivain à succès pourrait recevoir. Dès les premières lignes, le ton sarcastique est donné et l’on s’amuse à lire cette comédie satirique aux phrases percutantes et drôles. Un portrait subtil et réjouissant sur le vedettariat et ses conséquences.


Existe en poche



Par
AuteursTV :

Le frisson poétique "
Stéphanie cherche la forme idéale, entre poésie et roman. Elle évoque l’incarnation dans ses personnages, se demande s’il faut les aimer et finit sur la notion de progrès.




Pour retrouver la suite de cette interview, c'est
ICI



par Florinette publié dans : Littérature francophone
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Samedi 10 mai 2008
















Éditions Albin Michel, 2008, 172 pages.



Vienne 1776 - « Elle ne connaît pas la couleur du ciel ni la forme des nuages. Elle ne sait pas ce que signifient le bleu, le rouge, le pâle ou le foncé. Elle vit dans le noir, c’est le nom qu’ils ont donné à ce qu’elle décrit. »
« Ils » ce sont les médecins célèbres de la Cour qui tentent désespérément de soigner la cécité dans laquelle s’est enfermée, depuis l’âge de trois ans, Maria-Theresia von Paradis, car son père, le conseiller de l’Impératrice d’Autriche, ne parvient toujours pas à accepter son infirmité. « Lui dont l’épouse assez avenante lui a donné une fille à la beauté incontestable, lui à qui la vie n’a jamais rien refusé ne peut admettre que le destin ait pu lui jouer un tour aussi funeste. Sa fille doit guérir. Il le veut. »

Depuis, quand elle ne sert pas de cobaye, les journées de Mademoiselle Paradis se déroulent invariablement derrière un piano et malgré son handicap, elle est devenue, à 17 ans, une pianiste virtuose dont le talent impressionne l’impératrice qui lui verse une rente à vie. « Avec le temps, elle s’est convaincue que la vue est un leurre qui égare les autres sens, les rend inopérants. Tandis que les siens sont constamment aux aguets. Elle est aveugle ? La belle affaire. Elle vit dans un autre monde, et le sien lui plaît. »

Maria-Theresia, qui ne supporte plus les traitements aussi douloureux qu’inopérants que lui font subir les hommes de sciences, demande à son père, comme cadeau d’anniversaire, sa promesse de la laisser en paix. Une parole qu’il ne tiendra pas bien longtemps, car, quelques semaines après, il décide de faire appel au célèbre médecin-musicien
Franz Anton Mesmer, un original, passionné, bardé de diplômes dont la réputation de mécène doublé d’un homme de science qui explore les voies marginales de la médecine par magnétisme n’est plus à faire. Mais arrivera-t-il là où tous ses collègues, qui le prennent pour un charlatan, ont
échoué ? Et si la normalité n’était pas toujours la clé du bonheur ?

L’auteur qui s’est emparé de la vie de Melle Paradis en la romançant nous offre là un joli roman symphonique. Tout en arrivant à décrire l’univers de ceux qui ont perdu la vue, interprété les sensations, les odeurs qui les entourent, elle dresse le portrait attachant d’une jeune fille brimée par des parents envahissants, mais qui ose se révolter en découvrant le monde fait de cynisme et d’amertume « une réalité qui n’est pas belle à regarder » et qui la pousse à prendre son destin en main pour enfin connaître la liberté et l’amour…


Petite information complémentaire :

Dans la vraie vie,
Maria Theresia von Paradis a bien été une virtuose qui, outre sa brillante carrière de pianiste dans toute l’Europe, a composé de nombreuses pièces dont la célèbre « Sicilienne » pour violon et piano qui se joue encore aujourd’hui, mais a également rencontré Wolfgang Amadeus Mozart qui lui a dédié son dix-huitième concerto pour piano ! Incroyable non !

L'interview de Michèle Halberstadt par
Evène.



par Florinette publié dans : Littérature francophone
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Mardi 22 avril 2008















Éditions de L’Olivier, 2008, 233 pages.

Prix France-Culture Télérama 2008


Cette journée aurait pu commencer comme une banale journée de semaine, Lancelot, ce doux rêveur passif qui n’a du chevalier que le nom, est correcteur pour une maison d’édition.

Choisissant pour une fois de sortir de chez lui, afin de remettre en main propre ses épreuves, en chemin, il reçoit sur la tête une chaussure à talon « très élégante, taille 37 », jetée d’une fenêtre. En ramenant ce parfait objet à sa propriétaire, il tombe raide dingue amoureux d’Irina, une jolie jeune femme. À cet instant, il se rend compte de l’énorme trou qu’est sa vie, il quitte son épouse Élisabeth après dix-neuf années de vie commune pour vivre avec sa princesse loin des trépidations de la ville dans une maison en bardeau perdue au milieu de la neige.

Mais un soir, la vie de Lancelot bascule quand la police lui annonce qu’Irina a trouvé la mort dans un accident de voiture. Lancelot est démoli, tout autour de lui il sent son monde se fendiller, se casser comme la coquille d’un œuf, il flotte dans une incompréhension la plus totale, car Irina ne devait pas se trouver au volant de cette voiture qui ne lui appartient même pas, mais à l’aéroport là où il venait de la déposer.

Bien déterminé à faire sa propre enquête, Lancelot déterre un à un les mystères qu’entoure cette disparition, faisant surgir des personnages dans l’existence énigmatique de sa bien-aimée.

Je me suis laissée emporter par cette formidable histoire d’amour, de drame et de fantaisie, car dans la vie de Lancelot des objets disparaissent de façon étrange, il y a une petite fille attachante qui s’appelle Tralala…L’auteur déborde d’imagination, de trouvailles qui s’intègrent parfaitement dans cette intrigue décalée. C’est un livre surprenant et captivant !


L'avis de
La Môme Poison qui me l'a gentiment prêté et que je remercie beaucoup !


Les avis de celles qui l'ont lu : 
Clarabel, Cuné, Bel-Gazou, Antigone, BelleSahi, Amanda, Clochette




par Florinette publié dans : Littérature francophone
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Lundi 31 mars 2008















Éditions
Gallimard, 2005, 272 pages.



Lamia, cette jeune femme de trente-cinq ans est pédiatre dans un hôpital d’Alger. Depuis qu’elle est sans nouvelle de son frère Sofiane qui a tout quitté, est devenu un « harraga », un « brûleur de route » qui ne rêve que d’une chose atteindre l’Occident pour fuir une Algérie en perdition, étouffée par la corruption et la rigueur de l’islam, Lamia est inquiète et se sent bien seule dans cette maison familiale délabrée, hantée par les souvenirs du passé.

« Comme les jours sont longs et que le rêve est difficile. On perd tant de choses au cours d’une vie. On se retrouve seul, avec sa mémoire en lambeaux, des habits oubliés dans la naphtaline, des objets chers qui ne disent rien, des mots sortis de l’usage, des dates accrochées bêtement à la patère du temps, des fantômes qui se mélangent les ombres, des repères troubles, des histoires lointaines. On remplace comme on peut, on s’entoure d’un nouveau bric-à-brac, mais le cœur n’y est plus et le peu de vie qui nous reste s’en ressent. »

Dans cette vie léthargique et austère dans laquelle Lamia s’est ensevelie débarque Chérifa, une jeune fille de dix-sept ans enceinte jusqu’au cou qui dit connaître son frère. Ne pouvant refuser l’hospitalité à cette drôle de gamine « belle comme le diable », Lamia la laisse s’installer.

Mais très vite cette cohabitation va devenir un enfer, Lamia ne supporte plus la pétulance, l’insouciance, les escapades de Chérifa. À bout de nerf, elle la chasse, la récupère, car on fond elle l’aime bien, essaye de lui inculquer l’ordre, le respect. Mais un mot, une réflexion de trop et Chérifa quitte le domicile pour de bon.

C’est une belle histoire d’illusion perdue dans une Algérie misogyne, étouffée par la montée de l’intégrisme religieux où Lamia, avec une touche d’humour et de sensibilité, vitupère, se rebelle devant le fatalisme et l’ignorance de son peuple. En écoutant cette jeune femme courageuse, on oublie complètement que ce roman a été écrit par un homme tant l’esprit et les pensées de Lamia sont présents tout au long de ce livre.

Par la voix de cette femme, Boualem Sansal, nous dévoile les faces cachées de l’Algérie, désertée par les jeunes, ces « Harragas » qui ont choisi d’émigrer le plus loin possible. C’est un livre éblouissant, édifiant que je vous invite à découvrir au plus vite !!


Voir l'avis de Clarabel dans sa pochotèque du mois de Mars !


Existe en poche















par Florinette publié dans : Littérature francophone
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Lundi 24 mars 2008















Éditions Robert Laffont, 2007, 286 pages.


En ce dimanche 21 juin, dans un bel hôtel particulier parisien situé près de l’Étoile, Jean, chef de famille et d’entreprise, s’apprête à fêter son cinquante-quatrième anniversaire entouré de ses enfants et petits-enfants quand tout d’un coup la sonnerie de la porte vient interrompre ce rassemblement familial. C’est un coursier venu remettre en main propre un mystérieux pli à l’attention du propriétaire des lieux.

Jean l’invite à passer dans son bureau sous le regard étonné des convives. Personne ne sait ce qu’ils se disent, mais tous retiendront ce cri s’échappant de la porte ouverte, cette injonction, ce « sors d’ici » que Jean adresse à ce soi-disant inconnu.

Moins d’une semaine après, les voilà tous de nouveau réunis, mais cette fois-ci autour du cercueil de Jean.

Que s’est-il réellement passé durant cette journée ? À tour de rôle, dans ce désordre causé par cette mort soudaine, cette anarchie où l’harmonie familiale a volé en éclat, chacun prend la parole, cherche à comprendre les raisons de sa disparition. Il n’y a plus de secret, tout se dévoile. Les vérités éclatent, les vieilles rancoeurs remontent à la surface et devant tant de révélations je me suis retrouvée dans l’impossibilité de refermer ce livre sans connaître le fin mot de l’histoire, le devenir de cette famille.

Ce roman, très bien construit, m’a vraiment happée, puisque je l’ai lu d’une traite, et surprise en même temps, car, après ma déception avec son premier roman intitulé «
La véritable histoire de mon père », je ne m’attendais pas à être conquise !


Le blog et le site de l'auteur.


Merci beaucoup Caro[line] d’avoir fait voyager le livre d’un de tes auteurs chouchous qui a déjà rencontré Tamara, Gambadou, Anne et va maintenant partir vers Lhisbei.

Retrouvez également l’avis de
Caro[line] et sa rubrique des « Trois questions » qu’elle pose à Nicolas Cauchy, c’est ICI

D’autres avis sur ce livre :
Moustafette, Saxaoul, Sophie, Thom, Clochette, Flo, Livrovore, Laure



par Florinette publié dans : Littérature francophone
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