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Mardi 8 avril 2008







 








Éditions Anne Carrière, 2003, 176 pages

         

Ce livre d'une écriture limpide et pleine de charme c'est l'histoire d'Alvaro Escobar Molina, descendant d'Indiens et d'Espagnols, né dans un village d'une vallée haute de Colombie à l'ombre de la Montaña Madre. C'est face à cette montagne, en écoutant la voix de sa grand-mère indienne, en suivant les chemins des sources, en se glissant dans le manteau incertain des vents, qu'il a ouvert les yeux sur la beauté du monde.

Et puis un jour, c'est la guerre, la violence chasse la famille et cet enfant rêveur se retrouve loin de ses terres, de sa "Montagne Ensommeillée". Face à l'exil, ce garçon devenu homme n'oublie pas la magie, l'enchantement pour son pays. Il lui consacre cette oeuvre autobiographique qui nous transporte dans un monde de sérénité, d'émotion et de rêve en nous faisant partager l'enseignement des siens.
Un très joli récit que je vous invite à découvrir !


Citation :

« La sagesse n'a rien d'austère ni d'affecté : c'est elle qui donne les vrais plaisirs ; elle seule les sait assaisonner pour les rendre purs et durables. »  
FENELON (François de Salignac de La Mothe-), (1651-1715)




par Florinette publié dans : Récits, Essais, Documents (auto)biographique
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Vendredi 28 mars 2008


















Éditions
Actes Sud, 1988, 224 pages.
Traduit de l’américain par Christine Le Bœuf.



La fin des années 1970 est éprouvante pour Paul Auster, tout va mal dans sa vie. Son mariage avec la traductrice Lydia Davis se désintègre, l’argent commence à manquer, il ne se sent plus la force d’écrire des fictions, son roman policier écrit sous un pseudonyme reste au fond d’un tiroir et il renonce également à la poésie.

Finalement, il se sépare de sa première femme et s’installe dans une petite chambre à Manhattan au 6 Varick Street. C’est dans ce contexte dramatique que son fils Daniel fait ses premiers pas. Alors qu’il reprend espoir en terminant son premier texte en prose (White Spaces), il apprend par son oncle la disparition de son père. Poussé par une certitude qu’il doit écrire sur ce père, qu’il a très peu connu, Paul Auster se lance dans la rédaction d’un livre composé de deux parties :

« L'invention de la solitude ». Cette chambre où il s’enferme durant neuf mois, va devenir un lieu de création, de rédemption et de douleur. « Entrer dans cette chambre, c’est disparaître dans un lieu où se rencontrent le passé et le présent. »

Dans la première partie, « Portrait d’un homme invisible », il s’invente un père, parle de la douleur de l’absence et de la confrontation avec cette mort soudaine. Sa disparition lui laisse un petit héritage financier qui l’aide à poursuivre son métier d’écrivain, mais également une exploration de ses propres sentiments.

Dans la deuxième, « Le livre mémoire », Paul Auster nous entraîne dans le labyrinthe de la conscience. La solitude, la question de l’identité sous divers aspects. Le hasard, les coïncidences qui le passionnent, les signes que le destin sème sur notre route et l’importance de la mémoire.

« Tout livre est l'image d'une solitude. C'est un objet tangible, qu'on peut ramasser, déposer, ouvrir et fermer, et les mots qui le composent représentent plusieurs mois, sinon plusieurs années de la solitude d'un homme, de sorte qu'à chaque mot lu dans un livre on peut se dire confronté à une particule de cette solitude. »

C’est une lecture difficile, mais passionnante, car il permet de mieux comprendre l’œuvre de Paul Auster. Au-delà du travail sur le deuil qu’il transforme en récit, il nous ouvre les portes de son intimité, de sa solitude où il ne cesse de se poser des questions, de méditer...
« De l’examen de mon père, je suis passé à l’examen de ma propre conscience du monde. »


Citation :

« L'homme doué d'une bonne mémoire ne se souvient de rien, car il n'oublie rien. » Proust



Existe en poche













D'autres avis celui de Flo & Clarinette



par Florinette publié dans : Récits, Essais, Documents (auto)biographique
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Mercredi 27 février 2008

Cochon-d-Allemand.jpgundefined














Éditions Les Allusifs, 2007, 187 pages.
Traduit du danois par Elena Balzamo.


Dans ce récit, l’auteur évoque sa jeunesse dans les années 1960 et la difficulté d’avoir été un enfant de mère allemande qui s’est réfugiée dans une petite ville danoise après la chute d’Hitler. À cette époque, au Danemark, il règne une telle haine envers les Allemands que même les enfants sont touchés par cette aversion qui s’enseigne dès l’école, et Knud en fait les frais lors des récréations où il est traité de « cochon d’Allemand »

Pendant toute la journée, j’avais été le cochon d’Allemand, obligé de me cacher pendant la récréation, car tout – mon casse-croûte, mon vélo, ma tenue – servait de prétexte pour rire, même son prénom leur semblait ridicule et ils bêlaient : « Hilde-gard ! Hilde-gard ! » - quelle idée de s’appeler ainsi ! Jamais je n’eus le cœur de le lui dire, je l’entretenais de mon mieux ; elle me regardait, sa main se desserrait lentement – et j’y déposais tout ce que j’avais en ma possession, dans l’espoir que ce serait suffisant.

Il dresse le portrait de sa famille en commençant par son grand-père paternel qui, malgré un tempérament austère, accumule les échecs. Sa grand-mère qui se retrouve défigurée à la suite d'une explosion, son père rejeté par sa propre famille pour avoir épousé une Allemande, et sa mère, à qui il rend ce bien bel hommage, une discrète et fière résistante Allemande face au nazisme et qui encaisse les injures des Danois sans rien dire en préférant noyer son lourd et courageux passé dans l’alcool.

Ce petit livre, qui a reçu de nombreux Prix, est un condensé d’histoire contemporaine de l’Europe, car il ne cesse de revenir sur plusieurs époques, un véritable puzzle qu’il constitue en retraçant la destinée familiale. Je pense que pour bien comprendre la vie de cette famille après la Seconde Guerre mondiale, il faut le lire d’une traite sinon on peut très vite se perdre, cela dit, entre rire et cruauté ce récit est extrêmement touchant.


Merci à Alice qui m'a permis de découvrir ce livre ! depuis d'autres avis divers et variés sont venus s'ajouter :

Amy, Antigone, Arlette, Bernard, Cathe, Cathulu, Chiffonnette, Fashion, Gambadou, In Cold Blog, Joelle, La lettrine, Lily, Mireille, Pascal...(J'ai certainement dû en oublier, désolée !)





par Florinette publié dans : Récits, Essais, Documents (auto)biographique
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Dimanche 25 novembre 2007

Chaque jour est un adieu :

















Éditions du Seuil, 2000, 126 pages.



Quatrième de couverture :

« Je sursaute à cette seule idée : d'autres gens y habitent, dans notre maison. Et ça reste complètement insupportable. Combien de temps a-t-elle été à nous ? J'avais six ans quand on s'y est installés. J'en avais vingt-cinq à la mort de ma mère, quand elle a été vendue. Pourtant, je n'arriverai jamais à en parler autrement que de notre maison. On y a été tellement heureux et parfois, aussi, si totalement désespérés, nous tous, les dix enfants. Et nos parents. J'habite loin de Trans, maintenant, depuis longtemps, mais il m'arrive de repasser devant la maison, en tremblant. Et c'est comme si je me brûlais, en approchant de la fenêtre. Parce qu'en même temps que ce bonheur, il y a eu trop de malheur. » A.R.

Citation en exergue :

« Sinon l'enfance, qu'y avait-il alors qu'il n'y a plus ? » Saint-John Perse, Éloges.


Un jeune homme est passé :

Éditions du Seuil, 2002, 142 pages.
Un-jeune-homme-est-pass--.jpg
Quatrième de couverture :

« Mon lieu préféré, à Rome, c’est un grand parc qui vient tout juste d’être ouvert a public, la villa Pamphili. J’y vais à pied, les fins d’après-midi. C’est l’heure où j’ai rendez-vous avec moi-même, avec mon enfance, avec ma famille. Je pense à mon père, à la mort de mon père, à la guerre entre mes parents, au silence de mon père, à notre silence à nous, les enfants. Je suis heureux et j’ai peur. L’étrange douceur de la villa Pamphili me serre le cœur. Il va bientôt faire nuit. Les promeneurs sont des ombres. De violentes odeurs montent de l’herbe. Je rentre au Collegio tel un fantôme, glissant dans l’air comme à travers l’absence. C’est l’heure de retrouver mes amis américains. Ce soir, Mike va sortir sa guitare et chanter We shall over-come – oui, nous vaincrons nos ennemis. »


Citation en exergue :

« So happy just to be alive underneath this sky of blue... » Bob Dylan, New Morning.



Comme une chanson dans la nuit :

Éditions du Seuil, 2003, 122 pages.
Comme-une-chanson-dans-la-nuit.jpg

Quatrième de couverture
:

« Toutes ces années à faire un métier qu’on aime, dans un journal qu’on aime. Et puis c’est fini. Toutes les questions, alors, qui se bousculent, sur la liberté, le choix, le destin, le temps qui reste. Toutes ces questions qui font revenir l’enfance, le long film de la vie. On débusque des énigmes. On croise des fantômes. On bute sur des secrets. Tout arrive par bouffées, à l’improviste, par effraction. Qu’est-ce qu’une vie ? Qu’est-ce qui fait qu’on peut dire : voilà, c’est ma vie ?
Le travail, les rencontres, l’amour, les enfants, les deuils, les échecs, les souffrances…. Et ces moments d’incroyable bonheur avec celle qu’on aime, avec les enfants, avec la couleur du ciel et l’odeur de la terre. Ces moments qu’on se jure de ne jamais oublier, comme un viatique pour affronter la vie quand on ne sait plus, quand on a peur. » A.R.

Citation en exergue :

« Sais-tu ce qu'on te demandera à ta mort ? On ne te demandera pas si tu travaillais à une oeuvre nouvelle, magistrale, extraordinaire, à l'instant de ta mort [...] Moi, je suis persuadé qu'on te posera deux questions seulement. Est-ce que toutes tes bonnes étoiles étaients éteintes ? Écrivais-tu sous la dictée de ton coeur ? »
J.D. Salinger, Seymour, une introduction.


petit_coeur.gifL’année dernière, lors de l’Escale du livre à Bordeaux, j’ai eu la chance de pouvoir rencontrer Alain Rémond, un homme souriant et réservé, mais qui dégage une véritable sympathie envers ses lecteurs. Je suis donc repartie les bras chargés de ces trois petits livrets relatant sa vie.

Dans cette confidence émouvante, empreinte de nostalgie, Alain Rémond nous révèle son enfance dans un petit village de Normandie, le débarquement, la dure vie de campagne d’une famille nombreuse composée de quatre frères et sœurs partageant des années de bonheur assombries par le désespoir.

Il nous emmène en Bretagne, à Rome et à Paris, il dévoile sa jeunesse catholique, indécise, tout en se confiant à son défunt père, qu’il regrette d’avoir si peu connu, il lui raconte ses anecdotes dans les années explosives sur un air de Bob Dylan.

Le troisième volet de cette trilogie intime est une remise en question, des doutes naissent qu’il partage avec son lecteur, il décrit sa passion du journalisme et de l’audiovisuel, raconte comment du jour au lendemain ce qu’il s’était bâti s’effondre subitement et le fait replonger dans le passé, mais surtout face à ces adversités démontre qu’il ne faut jamais baisser les bras.

C’est un magnifique hymne à la vie qu’Alain Rémond nous transmet en toute simplicité, pudeur et sensibilité. Cette trilogie m’a chavirée et je comprends les centaines de lecteurs qui se sont reconnus dans cette histoire. Il nous parle directement avec ses mots qui sont les nôtres. Un vrai moment de bonheur et d’émotions !


L'avis de Flo qui a beaucoup aimé.







par Florinette publié dans : Récits, Essais, Documents (auto)biographique
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Jeudi 8 novembre 2007

Ces-enfants-de-ma-vie.jpgG.Roy.jpg












Éditions Boréal, 1976, 185 pages.


Ce livre comporte six histoires, des histoires d’enfants quand Gabrielle Roy était une toute jeune et novice enseignante dans la province canadienne au Manitoba. Ce récit est un concentré de tendresse qui se lit lentement, se savoure. Chacune de ses expériences est chargée d‘émotion et elle décrit avec beaucoup de pudeur et d’humanité le portrait de chacun de ses élèves qui ont marqué sa mémoire.

petit_coeur.gif C’est une traversée dans le monde de l’enfance avec ses joies et ses peines. L’amour et ce besoin de partage, qui animent tout le livre, aident Gabrielle Roy à se sentir plus proche de ses élèves, à lutter pour obtenir le meilleur de chacun. Lire ce livre, c’est s’offrir un moment de pur bonheur, merci Alice pour cette magnifique découverte !


Je vous conseille de visiter un site très intéressant qui parle de Gabrielle Roy : ICI


Alice, Sylire & Lily sont également tombées sous le charme de ce petit livre






par Florinette publié dans : Récits, Essais, Documents (auto)biographique
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