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Mardi 6 mai 2008


















Éditions
Belfond, 2006, 313 pages.
Traduit de l’américain par Isabelle Maillet.


« Il arrive que l’on perde de vue certaines personnes, comme ça, sans raison particulière, même des personnes que l’on aime », C’est ce qui est arrivé à Nora, cette jeune nouvelliste de trente-cinq ans, sans nouvelle depuis cinq ans de son ami Isaac qui ne cesse de resurgir dans sa tête, dans ses rêves.

Une nuit d’insomnie, dans un hôtel perdu au milieu de nulle part avec l’envie désespérée de lui parler, Nora prend son courage à deux mains et réussi à faire son numéro de téléphone sans raccrocher aussitôt.

Pour fêter leurs retrouvailles, il décide de se rejoindre dans un bar de l’Upper West Side, où ils venaient souvent lorsqu’ils étaient encore ensemble. « Isaac l’attendait dans un box au café. Il se leva à son approche et ils s’étreignirent. Isaac était grand, Nora petite ; il dut se pencher pour la prendre dans ses bras. Tout en le serrant contre elle, Nora huma l’odeur de sa peau. C’était la même qu’autrefois : une bonne odeur de pain complet tout chaud. »

Nora traverse une crise existentielle, depuis quelque temps, elle n’arrive plus à écrire, elle est confrontée à une panne d’inspiration qui la plonge dans les affres familières du doute et pour envenimer le tout, elle n’est pas très heureuse du couple qu’elle forme avec Benjamin. « Aussi, le simple fait de voir Isaac, de contempler son visage, lui procurait-il un soulagement indéniable. Il avait toujours cru en elle, lui accordant une confiance qui frisait l’irrationnel. Et même si elle ne pouvait pas se fier à ses jugements, parce qu’il avait toujours été un peu trop enthousiaste à son égard, sa seule présence suffisait à lui remonter le moral. »

Mais Isaac, qu’elle trouve amaigri, plus anguleux et plus vulnérable, n’est pas très en forme non plus. Il ne s’est jamais remis de leur séparation, sa vie est depuis jalonnée par les dépressions nerveuses et son esprit de liberté, d’investissement personnel pour son métier de photographe a disparu...

Ce livre, très bien écrit, démarre sur les bases d’une simple comédie romantique, mais qui a beaucoup plu à mon côté fleur bleue. Avec affection et sensibilité, Brian Morton nous offre une bien belle balade dans les rues de New York en nous dévoilant les failles de ces deux jeunes artistes new-yorkais dont l’un, en retrouvant l’inspiration, va infliger à l’autre des blessures beaucoup plus intimes.

C’est exquis, léger, prenant, avec en prime une anecdote à propos de Rilke et quelques références littéraires qui sont venues s’ajouter à ma longue liste à lire !


Existe en poche

















Lire les avis de Clarabel & Frédérique qui sont tout aussi enthousiastes et celui de Lilly & de Cathulu qui le sont beaucoup moins !



par Florinette publié dans : * Roman américain
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Lundi 14 janvier 2008

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Éditions Grasset, 2007, 440 pages.
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Bernard Turle.



En retard à son rendez-vous chez le dentiste, Dana brûle un stop et se fait arrêter par la police. Jusqu’ici rien de surprenant, elle ne pense pas un seul instant que cette simple bêtise marque le déclenchement d’un terrible engrenage.

Plongée dans une incompréhension la plus totale, elle se retrouve menottée au poste de police où elle décline son identité :
Nom : HALTER
Prénom : Dana
Signe particulier : sourde
Ne comprenant pas les chefs d’accusation, les nombreux mandats d’arrêt que le policier lui énumère, Dana n’a qu’une envie crier qu’il y a erreur sur la personne, mais comment se défendre quand il ne vous reste que le langage des signes et qu’un interprète à la gestuelle rigide et pataude est d’une parfaite inutilité ? Rien n’y fait, l’étau de la police se referme et elle passe le week-end en prison, innocente ou pas.

Après de simples excuses de la cour de justice, Dana, qui vient en plus de perdre son poste dans l’enseignement, ne peut résister à cette rage, cette frustration qui la ronge et avec le soutien de son ami Bridget, elle mène sa propre enquête, se lance sur les traces de son voleur, l’usurpateur d’identité, le responsable qui a enfreint toutes les règles de vie en bousillant la sienne. C’est une vraie descente aux enfers qui s’ensuit, une course-poursuite musclée qui va leur faire prendre tous les risques.

undefinedCe roman haletant et semé de rebondissement est bien plus qu’un polar. Il nous montre la difficulté à se faire comprendre dans un monde personnel et égoïste quand on est atteint d’un handicap terrible comme celui de Dana ainsi que la fragilité de nos identités qui peuvent à tout moment, par des moyens techniques de plus en plus sophistiqués, être usurpées par cette convoitise qui pousse certains à vouloir s’octroyer la vie des autres.


undefinedLe site officiel de l'auteur

Voir également le site
maintenu par Sandye Utley destiné aux visiteurs francophones


L'avis enthousiaste de Laurent




par Florinette publié dans : * Roman américain
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Samedi 15 décembre 2007

Ce-qui-a-d--vor---nos-coeurs.jpgL.Erdrich.jpg













Éditions Albin Michel, 2007, 301 pages.
Traduit de l’américain par Isabelle Reinharez.




Faye Travers, d’origine indienne, vit dans le New Hampshire avec sa mère. Toutes les deux gèrent, depuis deux décennies, une succession mobilière. Faye, dans la plus grande discrétion, partage ses nuits avec Kurk, son voisin, un tailleur de pierre de cinquante-six ans.

Un jour, lors de l’inventaire d’une demeure, elle remarque, parmi une étonnante collection d’objets et de vêtements datant du XIXe siècle, provenant d’une réserve indienne, un curieux instrument emmailloté dans une courtepointe. À l’approche de celui-ci, elle l’entend émettre un son caverneux alors que rien ne vient frapper la peau. Intriguée par ce phénomène, elle ôte le tissu et s’aperçoit qu’il est étrangement décoré.

Profitant de l’absence de la propriétaire, cette femme, d’habitude intègre et honnête, s’empare de l’instrument sans rien dire à personne. Mais ce qu’elle ne sait pas, c’est que ce tambour possède un pouvoir qui va au-delà de sa signification symbolique et de son ancienneté ; il bat au rythme de la douleur des êtres et exacerbe les sentiments.

Ne pouvant garder son secret bien longtemps, elle fera la connaissance d’un homme qui va lui raconter une histoire bouleversante, celle de son grand-père, l’Indien Shaawano, qui, accablé par la mort effroyable de sa petite fille, a fabriqué le tambour et, grâce à ces pouvoirs surnaturels protégeant ceux qu’ils l’approchent, parvient à surmonter sa trop grande peine.

Encrier-accueil.pngNée d’une mère Ojibwa, Louise Erdrich, d’origine indienne, est devenue l’une des voix majeures de cette communauté aux États-Unis en défendant l’âme et la culture. Sous une plume poétique, elle nous invite à remonter le temps à la découverte d’un passé mythique aux cœurs des traditions indiennes. Ce roman dense traite des sortilèges, du pouvoir que peuvent exercer les morts sur les vivants, mais également celui de la musique qui transporte les âmes. Un roman fascinant que je vous invite à découvrir et qui est né en partie d’une histoire vraie :

 « Celle d'enfants indiens traqués par des loups. À cela s'ajoute un mythe Ojibwa où il est question de l'héroïsme d'une petite fille. Quant au tambour, il est également lié à l'extraordinaire courage dont les enfants sont parfois capables : cet instrument est une métaphore de l'amour humain et de l'amour divin. Face à l'amour, nous nous sentons tous vulnérables : il peut certes nous faire souffrir, mais il peut aussi nous rendre plus libres. » Louise Erdrich - L'Express du 25/01/2007





par Florinette publié dans : * Roman américain
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Vendredi 26 octobre 2007

La-physique-des-catastrophes.pngM.Pessl.png













Éditions Gallimard, 611 pages          cahier2R--duis.jpg
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Laetitia Devaux.



« Papa disait toujours qu’il faut une sublime excuse pour écrire l’histoire de sa vie avec l’espoir d’être lu. »

Et pourtant, maintenant qu’elle s’apprête à intégrer Harvard, Bleue Van Meer, cette adolescente surdouée à la culture époustouflante qui doit son prénom au Cassius Bleu un papillon collectionné par sa mère, décide de prendre la plume pour raconter son histoire.

Elle avait cinq ans à la mort de sa mère tuée dans un accident de voiture. Depuis dix ans, elle suit son père, un séduisant et brillant conférencier excentrique qui traverse tout le pays pour aller enseigner dans les universités.

La vie de Bleue est remplie de routes, de marathons de sonnets, de citations de morts célèbres qu’elle s’amuse à lancer pour contrer son père souvent d’humeur bourbon. Leurs pérégrinations les mènent à l’université St Gallway en Caroline du Nord où Bleue fait la connaissance d’un groupe d’élève surnommé « Le Sang Bleu » qui tourne autour de la ravissante Hannah Schneider, une enseignante aux allures mystérieuses et envoûtantes. Mais un jour, alors que Hannah est sur le point de lui révéler son secret, Bleue découvre son cadavre pendu à un arbre.


Encrier-accueil.png Ce roman en trois parties, contenant trente-six chapitres portant chacun pour titre une œuvre littéraire, est captivant et en même temps déroutant. Au début, j’ai eu dû mal à rester concentrée à cause des nombreuses digressions faisant, à chaque pensée ou événement, référence aux citations d’auteurs ou renvoi à certains croquis qui apparaissent au fil des pages. Ce n’est qu’en franchissant la troisième partie (soit pratiquement à la moitié du livre) que l’action commence à se faire ressentir. L’auteur met de côté ces métaphores pour se livrer à de folles et judicieuses spéculations où l’intrigue bat son plein jusqu’à une fin des plus surprenantes qu’inattendues !

Pour ce premier roman original et très prometteur, Marisha Pessl, qui vient de fêter ses trente ans, est un auteur remarquable doué d’une faconde intarissable qui va jusqu’à proposer, en guise d’épilogue, un contrôle final pour voir si vous avez bien tout suivi !!


Petites précisons supplémentaires :

    * La Physique des catastrophes a fait partie de la première sélection pour le Prix Femina étranger 2007.

    * La Physique des catastrophes fait partie de la seconde sélection du Prix Médicis étranger 2007.


D'autres avis sur ce livre : Clochette (son coup de coeur), Ptitlapin (qui a beaucoup aimé) & Cathulu (qui a abandonné à la page 350 et je peux la comprendre, car c'est là où je me suis posé la question !)



 
par Florinette publié dans : * Roman américain
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Dimanche 14 octobre 2007

Miss-Potter.pngR.Maltby.png













Éditions Mango, 2007, 220 pages
Traduit de l'américain par Florence Mortimer.




C’est en 1991, après être tombé sur une biographie succincte de Miss Potter, que Richard Maltby décide d’enquêter pour comprendre qui est réellement cette femme. De ses investigations sont nés son premier roman et son premier scénario dont vous pouvez visionner la bande-annonce ICI.


B.Potter.png

Nous sommes au début du XXème siècle en Angleterre, Beatrix Potter, jeune femme célibataire élevée dans la morale stricte de l'époque victorienne, a 36 ans et vie encore au deuxième et dernier étage de la demeure de ses parents qui abritait jadis la nursery. Dans cette pièce elle y a fait son atelier et sa chambre, ses murs sont tapissés de dessins et d’aquarelles d’animaux avec qui elle converse. Depuis toute petite, Beatrix aime croquer la beauté de la nature au grand dam de sa mère qui a depuis abandonné l’idée de marier sa fille à un Lord.

Pierrot.png
Un jour, Beatrix décide de montrer ses dessins au vieil ami de la famille, le chanoine Rawnsley, qui va prononcer les mots qui vont, à tout jamais, changer sa vie : « Tu devrais
les faire publier ». À la suite de quoi, il lui trouve un éditeur en la personne de Norman Warne qui va l’aider à éditer « Pierre Lapin ». Cette rencontre va lui donner des ailes, le succès aussi fulgurant qu’inattendu va lui faire quitter sa vie protégée, elle va enfin connaître le bonheur…mais le malheur va s’abattre sur elle. Séparée de l’homme qu’elle aime, il va lui falloir beaucoup de courage pour continuer à vivre et à aimer.


Oie.pngFamille-lapin.pngL-h--risson.png


Encrier-accueil.png Dans ce  livre, «le livre du film », Richard Maltby Jr dresse un portrait charmant et énigmatique sur Beatrix Potter. Il ne faut pas oublier que cette femme exceptionnelle et avant-gardiste a consacré les dernières années de sa vie à protéger l’environnement et la beauté naturelle de la région des Lacs de la campagne anglaise, qui l’a tant inspirée dans sa création.


Pierre-Lapin.png

A consulter : Le journal de Beatrix Potter & Le monde de Pierre Lapin

A voir : Le site du film
« Miss Potter »



par Florinette publié dans : * Roman américain
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