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Mercredi 26 mars 2008














Nil Éditions, 2006, 313 pages.
Traduit de l'anglais par Odile Demange.



Tout commence par une belle journée à la montagne. Un pique-nique familial donné en l’honneur des neuf ans de Louis Drax. Ça aurait pu être une magnifique fête d’anniversaire, si ce terrible drame ne s’était pas
produit : Louis vient de tomber au fond du ravin, dans le torrent. La vie des Drax bascule irrémédiablement dans l’enfer. Louis a été transporté à l’hôpital où il vient d’être déclaré cliniquement mort. Deux heures plus tard, ses fonctions vitales reviennent à la vie devant l’incompréhension des médecins et la joie de la mère en larmes et déboussolée.

Plein d’évènements étranges, surnaturels se multiplient autour de cet enfant sujet, depuis sa naissance, à des accidents à répétitions. Une enquête est alors menée, car, lors du pique-nique, le père a disparu et aux yeux du personnel hospitalier, la mère qui éprouve pour son fils un amour angoissé extrêmement protecteur, n’est pas très claire non plus, elle fuit le contact des autres parents qui subissent la même souffrance d’avoir un enfant dans un coma végétatif, mais, surtout, semble redouter le retour à la vie du petit Louis. Sa chute est-elle réellement accidentelle ? C’est ce que veulent savoir la police et le médecin. Mais ce dernier succombe à l’attitude étrange, énigmatique de Mme Drax qui reste cloîtrée dans son désespoir muet.

Je n’en dirais pas plus pour ne pas éventer le dénouement de l’histoire, mais tout au long du livre des événements étranges vont se multiplier, ponctués par l’intervention de Louis Drax, cet enfant à la pensée morbide et à l’imagination excentrique qui s’adresse du fond de son coma au lecteur. C’est un livre prenant, on a hâte d’arriver à la dernière page pour connaître l’aboutissement de ce suspense.


Citation :

« L’observation du cerveau nous apprend qu’en un sens nous ne sommes que de la viande ; et que, dans un autre, nous ne sommes que de la fiction. »
Paul BROCKS
, Into the Silent Land.


Le site officiel de l'auteur



Petite information complémentaire (rectifiée) :

L’ouvrage devait être adapté au cinéma par Anthony Minghella, réalisateur du « Patient anglais » et « Retour à Cold Mountain ». Il venait de terminé le tournage d’un des segments du film New York, je t’aime, le réalisateur travaillait sur plusieurs projets, dont The Ninth Life of Louis Drax, d’après le roman de Liz Jensen. Mais hélas, ce projet ne verra pas le jour, car je viens d'apprendre que ce réalisateur est décédé à Londres le 18 mars 2008 à l'âge de 54 ans d'une hémorragie cérébrale. 


Existe en poche















Un coup de coeur pour
Yspaddaden, les avis enthousiastes d'Arsenik et de Moustafette.



par Florinette publié dans : * Roman anglais
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Samedi 14 juillet 2007
Les-math--matiques-de-l-amour.pngE.Darwin.png














Éditions Michel Lafon, 2007, 461 pages.
Traduit de l’anglais par Nathalie Gouyé-Guilbert.



En 1819, Stephen Fairhurst, revenu gravement blessé de la guerre, s'est débrouillé, malgré sa jambe de bois, à devenir guide touristique sur les champs de batailles, avant de se retirer dans la campagne anglaise où il vient d’hériter du domaine de Keiser.

Ayant entrepris un voyage dans le Lancashire pour demander la main de mistress Hetty Greenshaw, il se retrouve désabusé devant son refus qu’il met sur le compte de sa disgrâce physique qui provoque, devant ses dames, une réaction de répulsion. Il se rend bien compte que cette infirmité fait de lui un piètre prétendant et que toutes les femmes repousseront ses avances. Jusqu’au jour, où il fait la connaissance de la pétulante Miss Lucy, la sœur d’Hetty, qui lui demande de lui faire part des descriptions et anecdotes sur les dernières guerres afin de les retranscrire sur son carnet à dessin qu’elle emporte partout avec elle.

De retour à Kersey, il entame une correspondance avec Lucy dans laquelle Stephen, portant au fond de lui un lourd secret, se confie de plus en plus. « J’aime à vous imaginer lisant mes récits à haute voix, le soir au salon, et encore plus, épinglant mes missives au-dessus de votre table, comme vous me le dites, pour traduire mes mots en images. »

En 1976, Anne Ware est envoyée à Kersey chez son oncle Ray et son antipathique grand-mère Belle, qu’elle connaît à peine, pour y passer ses vacances d’été afin de permettre à sa mère, accompagnée de son copain Dave, de partir en Espagne à la recherche d’un Hôtel à acquérir.
 
Mais pour une jeune fille de 15 ans se retrouver isolée sans une copine à qui parler, l’ennui prend vite place « Seul problème, qu’est-ce que j’allais faire pendant ce temps-là ? Je n’avais pas vu l’ombre d’un poste de télé. Fut un temps où, si on m’avait annoncé que j’allais passer huit semaines sans rien d’autre à faire que lavez mes tee-shirts de temps en temps, je me serais dit que le monde avait enfin décidé de me foutre la paix. J’aurais dû me douter que ce n’était jamais aussi simple dans la vraie vie. Je me retrouvais à des kilomètres du premier supermarché, sans parler du reste, et à des années-lumière de mes copines. »

Ne voulant pas se sentir désoeuvrée, cloîtrée dans cette bâtisse immense et austère, elle part faire la connaissance des voisins et de leur ami Crispin, conservateur des archives Fairhurst. Ce dernier, apprenant qu’elle vit à Kersey, lui confie les copies des lettres échangées entre Stephen et Lucie.

 « Une petite écriture démodée s’étalait sur le papier mou et brillant de la photocopieuse, qui avait gardé l’empreinte sombre des pliures (…) Pour déchiffrer les mots, je devais suivre des yeux les pleins et déliés, la trajectoire de la plume, sa plume, la plume de Stephen. Il y avait quantité de lettres tarabiscotées et de tournures compassées. Des mots longs et compliqués, certains presque effacés et aussitôt suivis de traits noirs et épais, quand l’encre s’épuisait et qu’il retrempait sa plume dans l’encrier. »

Au fur et à mesure Anna va finir par découvrir le secret que renferment ses mots, ses phrases qu’elle s’amuse à déchiffrer et qui vont lui révéler que son destin est étroitement lié avec Stephen Fairhust.

Dans une jolie écriture toute en finesse, le roman d’Emma Darwin alterne les deux époques, les deux histoires qui curieusement vont se rejoindre. Il n’y a pas de larmes, pas de tragédie dans ce livre délicat qui ne parle que d’amour, mais une magnifique histoire touchante et captivante qui fera palpiter votre été !


drapeau_anglais-1.jpgLe site de l'auteur





par Florinette publié dans : * Roman anglais
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Jeudi 24 mai 2007
Love.pngE.Von-Arnim.png













Éditions Salvy, 1997, 472 pages.
Traduit de l’anglais par Bernard Delvaille.


Catherine est une jolie veuve de quarante-sept ans. Depuis que son mari, George, est décédé, elle vit modestement dans un bel appartement londonien, l’unique splendeur du passé qui lui reste puisque son riche mari, ayant trop peur qu’elle devienne la proie de quelque vulgaire coureur de dot, a légué tout le reste de sa fortune à leur fille unique, Virginia qui est depuis mariée à un vieux clergyman campagnard.

Avec le peu d’argent qui lui reste, l’opéra est devenu sa seule distraction. C’est là où, tous les après-midi, elle se rend pour y voir jouer le drame musical « The immortal Hour ». L’assistance est si clairsemée et la salle si vaste qu’elle finit par faire la connaissance de Christopher, ce beau jeune homme de vingt-cinq ans aux cheveux de feu qui lui lance désespérément des signes de reconnaissance voire des sourires.

Catherine se sent gênée par leur différence d’âge et repousse sans cesse ses avances. Mais Christopher s’en moque, il est amoureux, éperdument amoureux. Elle est tout ce dont il rêve, une petite boule de douceur, de chaleur, de calme, de sécurité et d’amour. Il l’idolâtre, la poursuit jusqu’à chez elle. Peu importe que Catherine accuse quelques décennies de plus que lui. Il l’aime tellement qu’il ne désire qu’une chose : l’épouser. Devant tant de beauté, d’impétuosité, de générosité, de sincérité dans ses admirations et ses convictions, Catherine se laisse séduire.

C’est un bien joli roman. Après un début qui se traîne un peu en longueur, Elizabeth Von Arnim, cousine de Katherine Mansfield, décrit admirablement bien le refus de la vieillesse, les ravages du temps qui laissent des traces irréparables sur un visage. Catherine a beau tout faire pour paraître plus jeune, salon de beauté, cures douloureuses de rajeunissement, rien n’arrive à calmer ses angoisses, elle se voit vieillir et le supporte très mal malgré l’amour intact et fidèle de Christopher. Elle parle aussi de la profonde injustice qu’affrontent les femmes quand elle rencontre un homme plus jeune qu’elle, alors que le contraire est toléré.

L’écriture et le style de cette romancière m’ont fait penser à Germaine Beaumont, peut-être à cause de cette qualité de mise en scène, le souci du détail qui a son importance… il faut dire aussi qu’elles sont toutes les deux de la même époque et ont vécu en Angleterre.

Disponible en format poche.

















Je vais vous confier les clefs pour quelques jours d’évasion au Pays Basque.

PaysBasque.png

Je vous souhaite de passer un excellent week-end de Pentecôte (pour ceux qui font le pont) et beaucoup de courage pour ceux qui bossent. Bisous à tous et à toutes !




par Florinette publié dans : * Roman anglais
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Samedi 7 avril 2007












© Francesca Mantovani
Traduit de l’anglais par Agnès Michaux.



Sarah a dix ans lorsque le 16 juillet 1942 elle et son petit frère Michel sont brutalement tirés du sommeil par des martèlements violents contre la porte d’entrée. C’est la police française, le début de l’enfer, il faut faire vite, préparer ses affaires à la hâte. Dans cette panique, Sarah ne pense qu’à une seule chose, protéger son petit frère en l’enfermant dans le placard secret de leur chambre avec la promesse de revenir le chercher quand tout ceci sera fini. Mais l’horreur continue, Sarah et ses parents se retrouvent enfermés au vélodrome d’hiver, parqués comme des bêtes, pires que des bêtes, puisque sous une chaleur insoutenable, dans des conditions effroyables, ils sont,
depuis plusieurs jours, sans eau et sans nourriture avant d’être déportés dans le camp de transit de Beaune-la-Rolande où les enfants seront sauvagement arrachés à leurs parents.

60 ans plus tard, Julia, journaliste américaine, installée en France depuis vingt ans, est chargée par son hebdomadaire américain de couvrir la soixantième commémoration du Vel’ d’Hiv’ où plus de 4000 enfants juifs, âgés pour la plupart de 2 à 12 ans, et leurs parents ont été déportés et assassinés à Auschwitz. Embarrassée par cette demande, elle se rend compte qu’elle ne sait absolument rien de cet évènement et qu’elle n’est pas la seule à être dans l’ignorance. Ses recherches s’avèrent difficiles, c’est un sujet tabou, un secret bien enfoui que personne n’a voulu déterrer.

Plongée dans les archives, au fur et à mesure de son enquête, elle est effondrée par ce qu’elle découvre : le zèle odieux de la police française qui a orchestré cette rafle, le sort de ses familles dont la plupart des enfants étaient nés en France, la maltraitance dans les camps de Beaune-la-Rolande et Drancy… Étrangement, sur ce douloureux chemin de la mémoire, les deux histoires vont se rejoindre, Julia remarque qu’il existe un lien entre le destin de la petite Sarah et sa belle-famille, elle veut donc tout savoir, arracher le masque sur cette face cachée. En ouvrant la boîte de Pandore, elle va réveiller ce lourd et douloureux passé qui ressurgit entre les murs de l’appartement des grands parents de son mari, rue de Saintonge dans le marais, qui était celui de Sarah et où Julia va bientôt emménager.

Ce merveilleux roman à deux voies qui alterne entre les deux époques, est poignant, plusieurs passages sont déchirants, et en même temps il y a cette note d’espoir qui vient mettre un peu de soleil sur les dernières pages. J’ai dû attendre un peu avant de pouvoir en parler, car même une fois refermé l’émotion était toujours présente. C’est un magnifique livre à lire sans hésiter !

Tatiana de Rosnay maîtrise tellement bien son sujet que j’ai voulu en savoir plus sur la rafle du Vél’ d’Hiv’ en consultant Internet, envie de faire comme Julia, retourner sur les pas de ces 13 152 juifs arrêtés dans Paris et sa banlieue, pour que cette époque, la plus sombre de notre histoire, ne retombe dans l’oubli. Je termine cet article en hommage à ces hommes et ces femmes, sans oublier les enfants, en reprenant ces mots hébreux Zakhor, Al Tichkah. Souvenez-vous, N’oubliez jamais.



Le monument commémoratif de la rafle du Vel' d'Hiv'. Paris 15ème


Pour en savoir plus sur ce livre, je vous invite à consulter le blog de « Elle s’appelait Sarah » et
« Fig Tree : le blog de Tatiana ».



Les avis de tous ceux et celles qui ont aimé ce livre :

Majanissa, Laure, Clarabel, Cuné, Fanyoun & L'interview de Tatiana par Kevin.


par Florinette publié dans : * Roman anglais
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Mercredi 21 mars 2007


















Éditions Bourgeois, 2006, 203 pages.

Traduit de l’anglais par Mona de Pracontal.



Le livre débute par la lettre d’Ellen Foster, alors âgée de quinze ans, qu’elle adresse au président de l’université de Harvard, car l’une de ses devises est
« qu’il ne faut jamais revoir à la baisse ce qu’on pense, ce qu’on ressent ou ce qu’on fait » elle décide donc de postuler dans cette université dans le dessein d’étudier l’anglais et la médecine afin de rejoindre le domaine de recherche sur l'épidémiologie. Ellen Foster est une jeune fille extrêmement brillante dotée d’un QI supérieur à la moyenne.


Après un passé lourd de conséquences : A neuf ans, sa mère meurt de tristesse, quelque temps après, elle fuit sa maison à cause de l’alcoolisme de son père pour se retrouver ballottée entre une tante qui ne veut pas d’elle, un professeur de dessin et une grand-mère qui dépérit. Cette mésaventure prend fin, le jour de Noël, dans un foyer de filles tenu par Laura. Et c’est grâce à l’amour et à l’attention que lui porte sa « nouvelle maman », qu’Ellen semble apaisée et commence à s’épanouir.

Dans ce récit, elle raconte son quotidien, ses amis, son parcours scolaire et la souffrance qu’elle endure à cause de la traîtrise de sa tante, cette manipulatrice ignoble et immorale qui lui a volé les affaires de sa mère. Heureusement que Laura, sa tutrice et curatrice, va essayer de tout faire pour l’aider à récupérer cet héritage détourné.

Kaye Gibbons, qui a été orpheline à l’âge de neuf ans, est restée profondément marquée par cette expérience et c’est à travers le personnage d’Ellen qu’elle exprime cette souffrance. Dans ce second roman, cette jeune fille très attachante refait son apparition (le premier étant « Ellen Foster »). Même si elle lutte encore une fois contre les démons du passé, elle en revient plus forte et c’est dans une belle leçon de courage, de ténacité, ponctué d’humour qu’elle pose un regard sur la vie qui l’entoure.

Ce roman se termine avec dans les dernières pages un très bel hommage à sa mère dont voici un extrait.


Extrait :

« Laura me donnait de l’amour, mais l’esprit de ma mère était la lumière dont j’avais besoin pour me guider jusqu’à elle, et elle a pu cesser de peiner pour m’atteindre. Nous nous sommes reposées du donner et du prendre et sommes restées tranquilles ensemble, nous disant l’une à l’autre que nous pouvions faire cela quelles que soient les perturbations, nous activer et le faire bien. Sachant avec certitude que je pourrais être plus que ce que ma mère avait fait, plus que le moment où elle était morte – je suis ce qu’elle était avant et ce qu’elle est maintenant, présente avec moi dans le fardeau de son amour que je suis comblée de porter, superbe à mon cœur et plus léger que le souffle. »




par Florinette publié dans : * Roman anglais
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