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Quand j’ai commencé à lire la quatrième de couverture, j’ai eu un peu peur en voyant le mot « fantastique », car je ne suis pas une adepte de ce genre de roman
flirtant bien trop souvent avec la science-fiction.
En commençant ma lecture, toujours avec cette fichue réticence, je me suis surprise à ne plus vouloir lâcher le livre, j’ai été happée par l’histoire, je me suis
retrouvée projetée dans un petit village de la côte bretonne en compagnie de la famille Guérindel. Sans me lasser une seule seconde, j’ai écouté les quatre enfants, d’Enogat et Ewan, parler de
leurs terrifiants cauchemars quotidiens.
Benoît, l’aîné, depuis qu’il est tout petit, cherche toujours mille stratagèmes pour repousser l’heure du coucher de peur de se retrouver face à cette femme qui
marche sur la plage avec les poches pleines de cailloux. Lunaire, le cadet des garçons, âgé de 14 ans, chaque nuit est aspiré par les eaux noires où tangue un vieux trois-mâts fantomatique hanté
par un équipage moribond où règne un capitaine effrayant aux yeux de tueurs. Guinoux, lui, est tétanisé par un cheval de pierre au corps gigantesque et ensanglanté.
C’est ainsi que chaque matin, les garçons se réveillent les yeux gonflés de mauvais rêves et la mine défaite, même le petit dernier, Simon, commence à voir ses
songes de bébé se transformer en brume marine. Pourtant, Enogat, semble avoir tout fait pour éloigner cette malédiction qui frappe la fratrie, en leur sommant plusieurs fois de ne pas s’approcher
du rivage, en prenant toutes les mesures pour éloigner ses enfants de la mer.
Pourquoi tant de mystère autour de cette immensité ? Pourquoi cette aversion envers la mer ? Que cache Enogat ? Quel démon du passé tente-t-elle de fuir ?
Lunaire, le plus vaillant des quatre, ne veut pas en rester là et va entreprendre d’analyser ce cauchemar qui le hante
chaque soir afin d’apporter de la lumière à tout ce mystère qui plane autour des marins-pêcheurs de Terre-Neuve et qui l’amènera à rencontrer la troublante et énigmatique nonagénaire Ardelia ainsi
que le sympathique Ebenezer, archiviste passionné, gardien de mémoire des œuvres de mer.
Le premier roman de Gaëlle Nohant est un livre magique
qui m’a ensorcelée. J’ai adoré cette plongée au cœur des abysses en me laissant guider par ces personnages attachants. En refermant le livre, j’ai ressenti un pincement au cœur, j’avais envie de
continuer cette merveilleuse aventure, mais, hélas, toute bonne chose a une fin, c’est bien connue !
Ah encore une dernière chose, je trouve l’illustration de la couverture faite par Letizia Goffi étonnamment
complémentaire avec ce roman.
Je ne peux résister à vous mettre l’eau à la bouche en vous livrant la citation qui figure en première partie :
« …Dans notre partie de la Bretagne – la Cornouaille, l’Armorique – persiste la vieille croyance celte selon laquelle
la mort est simplement un pas – un passage – entre deux stades de l’existence humaine. Qu’il y a de nombreux stades, que cette vie en est un, et que de nombreux mondes existent simultanément,
concentriquement, et s’interpénètrent peut-être ici ou là. De sorte qu’il y a des espaces incertains – la nuit noire, le rideau d’écume au point de rencontre de la terre ferme et de l’océan
mouvant, lequel est toujours le seuil de la mort pour les hommes qui le traversent en tous sens – des messagers pourraient bien rôder entre ces zones »A.S. BYATT, Possesion.
Si vous souhaitez, je vous invite à faire plus ample connaissance avec l’auteur en lisant sa biographie-interview
(en cliquant sur son nom, au-dessus de la photo) et en consultant son blog « Le Café littéraire de Gaëlle ». Bonne lecture
!
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