(extrait)
Marquise, si mon visage
A quelques traits un peu vieux
Souvenez-vous qu'à mon age
Vous ne vaudrez gueres mieux
Le temps aux plus belles choses
Se plaist à faire un affront
Et saura faner vos roses
Comme il a ridé mon front.
Le mesme cours des planetes
Regle nos jours et nos nuits :
On m'a vu ce que vous estes ;
Vous serez ce que je suis.
(...)
par Florinette
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Du joli bateau de Port-Vendres
Tes yeux étaient les matelots
Et comme les flots étaient tendres
Dans les parages de Palos
Que de sous-marins dans mon âme
Naviguent et vont l'attendant
Le superbe navire où clame
Le choeur de ton regard ardent.
par Florinette
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Si vous croyez que je vais dire
Qui j'ose aimer,
Je ne saurais, pour un empire,
Vous la nommer.
Nous allons chanter à la ronde,
Si vous voulez,
Que je l'adore et qu'elle est blonde
Comme les blés.
Je fais ce que sa fantaisie
Veut m'ordonner,
Et je puis, s'il lui faut ma vie,
La lui donner.
Du mal qu'une amour ignorée
Nous fait souffrir,
J'en porte l'âme déchirée
Jusqu'à mourir.
Mais j'aime trop pour que je die
Qui j'ose aimer,
Et je veux mourir pour ma mie
Sans la nommer.
par Florinette
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J'étais à toi peut-être avant de t'avoir vu.
Ma vie, en se formant, fut promise à la tienne ;
Ton nom m'en avertit par un trouble imprévu ;
Ton âme s'y cachait pour éveiller la mienne.
Je l'entendis un jour et je perdis la voix ;
Je l'écoutais longtemps, j'oubliais de répondre ;
Mon être avec le tien venait de se confondre :
Je crus qu'on m'appellait pour la première fois.
Savais-tu ce prodige? Eh bien! Sans te connaître,
J'ai deviné par lui mon amant et mon maître,
Et je le reconnus dans tes premiers accents,
Quand tu vins éclairer mes beaux jours languissants.
Ta voix me fît pâlir, et mes yeux se baissèrent.
Dans un regard muet nos âme s'embrassèrent ;
Au fond de ce regard ton nom se révéla,
Et sans le demander j'avais dit: "Le voila !"
Dès lors il ressaisit mon oreille étonnée ;
Et y devint soumise, elle y fut enchaînée.
J'exprimais par lui seul mes plus doux sentiments ;
Je l'unissais au mien pour signer mes serment.
Je le lisais partout, ce nom rempli de charmes,
Et je versais des larmes.
D'un éloge enchanteur toujours environné,
A mes yeux éblouis il s'offrait couronné.
Je l'écrivais... bientôt je n'osais plus l'écrire,
Et mon timide amour le changeait en sourire.
Il me cherchait la nuit, il berçait mon sommeil,
Il résonnait encore autour de mon réveil :
Il errait dans mon souffle, et, lorsque je soupire,
C'est lui qui me caresse et que mon coeur respire.
Nom chéri! nom charmant! oracle de mon sort !
Hélas! que tu me plais, que ta grâce me touche !
Tu m'annonças la vie, et, mêlé dans la mort,
Comme un dernier baiser tu fermeras ta bouche.
par Florinette
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